I. Les natures (ou catégories grammaticales) de mots ¶
Tous les mots d’une langue appartiennent à une catégorie grammaticale : on parle aussi de nature du mot. C’est son identité, il n’en change jamais ; au contraire, la fonction grammaticale varie selon la phrase dans laquelle le mot est employé, car son rôle dans celle-ci peut être différent selon le contexte.
On distingue :
| Natures de mots variables | Natures de mots invariables |
|---|---|
|
|
II. L’analyse grammaticale d’une phrase ¶
Avant tout, il convient de repérer les verbes conjugués (V), ce qui permet de séparer les propositions.
L’on peut ensuite entourer les conjonctions de coordination et de subordination, pour mettre en évidence la structure globale de la phrase :
-
propositions indépendantes et principales
-
propositions subordonnées (relatives, complétives ou circonstancielles), que l’on délimite entre crochets.
1. Les groupes construits avec le verbe ¶
Pour identifier les constituants essentiels d’une proposition, ceux qui jouent un rôle indispensable dans l’expression complète d’un procès, il suffit de poser dans l’ordre une suite de questions dont chacune permet la mise en évidence d’une fonction.
-
« Qui / Qu’est-ce qui + V ? » → sujet (S)
-
« S + V + qui / quoi ? » → complément d’objet direct (COD)
Avec un verbe d’état (être, sembler, paraître, devenir, demeurer, rester, avoir l’air), il n’y a jamais de COD ; la réponse à cette question permet d’identifier l’attribut du sujet (AttrS)
-
« S + V + [à / de / pour / etc.] qui / quoi ? » → complément d’objet indirect (COI) qui est donc introduit par une préposition (il faut en tester plusieurs en posant la question)
Quand il y a déjà un autre complément d’objet dépendant du même verbe, le COI est appelé complément d’objet second (COS).
-
Avec un verbe passif (uniquement), le groupe de mots qui exprime la personne qui fait l’action est appelé complément d’agent (CA).
2. Les groupes dépendant d’un autre élément que le verbe ¶
-
De nombreux mots ou groupes de mots ne se construisent pas avec le verbe, mais développent un substantif ou un GN (= groupe nominal ; il s’agit d’un ensemble de mots formant une unité et organisé autour d’un substantif qui lui sert de noyau) : ce sont les expansions du nom ; voici leurs natures et leurs fonctions :
Nature Fonction adjectif qualifactif épithète GP (= groupe prépositionnel, c’est-à-dire [préposition + substantif ou GN ou infinitif]) complément du nom (CdN) proposition subordonnée relative complément de l’antécédent (= substantif, GN ou pronom sur lequel elle se greffe) La proposition subordonnée relative se met entre crochets et s’analyse indépendamment.
-
Certains groupes de mots, en général introduits par des prépositions, complètent des adjectifs : complément de l’adjectif (CdA).
-
N’importe quel élément d’une phrase peut recevoir une apposition (App) : mot ou groupe de mots qui se rapportent à lui pour donner des précisions, comme s’il s’agissait d’une parenthèse dans le déroulement de la phrase ; l’apposition est généralement séparée par des virgules du mot ou groupe de mots qu’elle précise.
3. Les groupes se construisant par rapport à la proposition ou à la phrase dans son ensemble ¶
-
L’apostrophe (Apostr) sert à appeler ou à interpeller quelqu’un.
-
De nombreux mots ou groupes de mots peuvent préciser les circonstances de l’action : ce sont les compléments circonstanciels (CC), que l’on peut classer par catégories, selon qu’ils apportent une précision :
-
sur le lieu : CCL
-
sur le temps / la période de déroulement de l’action : CCT
-
sur la manière dont se déroule l’action : CCMa
-
sur le moyen, c’est-à-dire l’instrument qui permet la réalisation de l’action : CCMo
-
sur la cause de l’action : CCCa
-
sur le but de l’action : CCB
-
sur la conséquence de l’action : CCCo
-
sur l’accompagnement, c’est-à-dire la ou les personne(s) qui sont présentes ou participent à l’action : CCAcc
-
sur la concession ou l’opposition, c’est-à-dire un élément qui pourrait sembler être contradictoire ou s’opposer à l’action : CCO
-
III. Phrases et propositions ¶
Une proposition est un groupe de mots présentant une unité de sens et organisé autour d’un verbe conjugué. Dans une phrase, il y a autant de propositions que de verbes conjugués.
-
On distingue différents types (ou natures) de propositions :
-
La proposition indépendante (prop. indép.) est une proposition qui se suffit à elle-même et pourrait constituer une phrase autonome.
Ex : Jules arriva au bureau vers 9h, ǁ il s’assit devant son ordinateur ǁ et il commença aussitôt à travailler.
→ Les trois prop. qui composent cette phrase sont indép., car chacune a la capacité de constituer une phrase autonome : Jules arriva au bureau vers 9h. Il s’assit devant son ordinateur. Et il commença aussitôt à travailler.
Remarque. Dans une phrase simple, l’unique proposition est par définition indépendante.
-
Quand une proposition ne peut pas donner lieu à une phrase autonome, on l’appelle proposition subordonnée (prop. sub.) : elle a besoin, pour exister, de s’appuyer sur une autre proposition. Par convention, une prop. indép. dont dépend une prop. sub. est appelée proposition principale (prop. pcpale).
Exemples :
a) Jules, [ qui arriva au bureau vers 9h ], commença aussitôt à travailler.
b) Jules déclare [ *qu’*il est arrivé au bureau vers 9h ].
c) [ *Aussitôt qu’*il arriva au bureau ], Jules commença à travailler.
Dans les trois phrases ci-dessus, les propositions entre crochets ne peuvent pas devenir des phrases autonomes (c’est-à-dire commencer par une majuscule et se terminer par un point), car elles seraient bancales et incomplètes : ce sont donc des propositions subordonnées. Elles sont systématiquement introduites par un mot subordonnant (en italiques ci-dessus), qui leur permet de s’accrocher à la proposition principale. Toutefois, selon la façon dont la prop. sub. s’accroche à la pcpale, on en distingue trois types :
-
la proposition subordonnée relative (prop. sub. rel.) s’accroche à un substantif, un GN ou un pronom sur lequel elle apporte des précisions ou des spécifications ; elle est introduite par un pronom, adjectif ou adverbe relatif, qui reprend cette entité au sein de la relative (phrase a : la prop. qui arriva au bureau vers 9h dépend du nom propre Jules, auquel elle s’accroche par l’intermédiaire du pronom rel. qui)
-
la proposition subordonnée complétive (prop. sub. cplétive) s’accroche la plupart du temps à un verbe qu’elle complète ; elle consiste soit en une proposition conjonctive introduite par la conj. de sub. que, soit en une interrogative indirecte (interr. indir.) introduite par un mot interrogatif ou par la conjonction de subordination si (phrase b : la prop. qu’il est arrivé au bureau vers 9h dépend du verbe déclare, et s’accroche à lui grâce à la conjonction de subordination que)
-
la proposition subordonnée circonstancielle (prop. sub. circ.) ne s’accroche pas à un mot particulier, mais à l’ensemble de la prop. pcpale ; introduite par une conjonction de subordination, elle précise une circonstance du procès principal (phrase c : la prop. aussitôt qu’il arriva au bureau précise la circonstance temporelle de l’accomplissement du procès principal de commencer ; elle est construite grâce à la locution conjonction de subordination aussitôt que)
-
-
La proposition incise (prop. incise) est un type particulier de prop. qui se rencontre uniquement dans le cadre d’un discours direct ou d’un dialogue : insérée au milieu ou juste après des paroles rapportées, elle est séparée de ces dernières par une virgule (ou par aucun signe de ponctuation si la phrase retranscrite en comporte déjà un) et sert à préciser qui parle, et éventuellement sur quel ton et selon quelle modalité se déroule l’acte de parole.
Exemple. « Geneviève, ( appela le directeur ), voulez-vous me passer l’annuaire ? »
Comme son nom l’indique, la prop. incise fonctionne comme une parenthèse et n’interfère donc pas avec la structure du reste de la phrase, qui peut être une phrase simple comme dans l’exemple ci-dessus, ou une phrase complexe composée de prop. indép. (« Je connais bien Gustave, affirma le journaliste, je lui ai encore parlé la semaine dernière ! ») ou comportant une ou plusieurs prop. sub. (« Je sais bien, reconnut le directeur, que certaines transactions n’étaient pas légales. »)
-
-
Au sein d’une phrase complexe, les différentes prop. se construisent l’une avec l’autre selon plusieurs procédés de construction :
-
Quand deux prop. ne sont pas sur le même plan (pcpale et sub.), elles se construisent grâce au procédé de la subordination : au début de la proposition dépendante, un mot subordonnant joue le plus souvent le rôle d’un pivot permettant d’articuler les deux prop. ensemble ; ce mot ou cette locution sont de différentes natures (conjonction de subordination, pronom relatif, pronom interrogative, etc.).
-
Deux prop. de même rang (indép. entre elles, sub. entre elles, ou indép. et pcpale) peuvent être :
- séparées uniquement par une ponctuation faible : procédé de **juxtaposition** ; - reliées explicitement par une conjonction de coordination ou un adverbe de liaison : procédé de **coordination**. -

