I. La subordonnée circonstancielle finale ¶
Ut / ne + subjonctif
- But positif
Pater filios ad scholam mittit ut multa discant.
« Le père envoie ses fils à l’école pour qu’ils apprennent beaucoup de choses. »
En français, quand le sujet d’une subordonnée normalement au subjonctif est coréférent du sujet du verbe introducteur, la proposition subordonnée est ordinairement remplacée par un groupe infinitif.
Marius multas copias coegit ut hostes uinceret.
« Marius rassembla de nombreuses troupes pour vaincre les ennemis. » (litt. « pour qu’il vainquît »)
- But négatif
Serui canem adligaverunt ne domini amici timerent.
« Les esclaves attachèrent le chien pour que les amis du maître n’eussent pas peur. »
Une telle subordonnée est proche d’une complétive de verbe de crainte ou d’empêchement, si bien que l’on peut souvent la traduire comme telle en sous-entendant un verbe introducteur (dans ce cas, la négation est explétive) : « Les esclaves attachèrent le chien de peur que / pour éviter que les amis du maître n’eussent peur. »
- Cas particulier : quand la subordonnée finale comporte un comparatif, la conjonction de subordination est automatiquement remplacée par quo (pronom relatif adverbial figé à l’ablatif) et le mot au comparatif se place ordinairement immédiatement après ce dernier.
Milites urbem per(cu)currerunt quo maiorem praedam auferrent.
« Les soldats sillonnèrent la ville afin d’emporter un plus grand butin. »
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Dans ce type de proposition s’applique la concordance des temps normale au subjonctif (voir la fiche Les subordonnées complétives. Les conjonctives). Toutefois, comme l’expression du but envisage ipso facto un procès postérieur à la sphère temporelle du verbe introducteur, on ne trouve ordinairement que le subjonctif présent (contexte présent ou futur) ou imparfait (contexte passé).
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Dans l’expression d’un but négatif, l’élément de négation se fond toujours avec la conjonction (obligatoirement ne), si bien que l’on trouve ensuite l’équivalent positif du mot qui comporterait une négation dans une indépendante (même phénomène qu’avec la conjonction de coordination nec / neque entre deux propositions de même plan).
| On ne dit pas | mais |
|---|---|
| * ut nemo | ne quis |
| * ut nihil | ne quid |
| * ut nullus | ne ullus |
| * ut numquam | ne umquam |
| * ut nusquam | ne usquam |
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Quand une subordonnée finale négative est coordonnée avec une autre qui précède, la conjonction de coordination se soude à la conjonction de subordination : neue ou neu (plus fréquent et plus correct que neque, que l’on rencontre également quand la 1re proposition est positive).
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La subordonnée finale peut être annoncée dans la principale par un adverbe corrélatif eo, ideo ou idcirco.
II. Autres expressions du but ¶
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Syntagmes prépositionnels (uniquement possible quand le sujet des deux procès est identique)
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(+ génitif) causā / gratiā
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ad + accusatif
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in + accusatif « en vue de, pour »
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- Dans ces trois tournures, on peut trouver des substantifs, des GN ou des gérondifs.
Laboro gloriae causā / gratiā / ad gloriam.
« Je travaille en vue de la gloire. »
Laboro uincendi causā / gratiā / ad uincendum.
« Je travaille en vue de vaincre. »
Toutefois, il est plus fréquent de rencontrer (+ G) causā / gratiā avec un substantif et ad + accusatif avec un gérondif.
- Quand le gérondif reçoit un COD, la transposition sous forme d’adjectif est obligatoire avec ad + accusatif, facultative mais fréquente au génitif (cf. cette fiche).
Laboro amicorum adiuuandorum causā / gratiā (adiuuandi amicos causā / gratiā).
ad amicos adiuuandos (* ad adjuvandum amicos)« Je travaille pour aider mes amis. »
- Supin : exclusivement complément de but d’un verbe de mouvement, quand les deux procès ont le même sujet.
Imus Romam uisum amicos.
« Nous allons à Rome pour rendre visite à nos amis. »
mais : Imus Romam ut amici laetentur.
« Nous allons à Rome pour que nos amis soient contents. »
- Relative au subjonctif : quand la modalité finale concerne un élément de la phrase pouvant servir d’antécédent.
Dominus emit signa quae atrium ornarent.
« Le maître acheta des statues pour qu’elles décorent son atrium. »
Libros tibi dedi quos legeres.
« Je t’ai donné des livres afin que tu les lises. »

