I. La subordonnée circonstancielle causale (négation toujours non) ¶
- Quoniam + indicatif (plus rarement quando, ubi, mais dans des emplois où la notion causale reste toujours très proche de la notion temporelle)
Quoniam doctus fieri cupis, studiose labora.
« Puisque tu désires devenir instruit, travaille avec application. »
- Vt + indicatif (emploi restreint à des explications incidentes insérées dans le cours de l’énoncé)
Rex Tarquinius, ut tyrannus erat, Roma expulsus est.
« Le roi Tarquin, étant donné que / vu que / attendu qu’il était un tyran, fut chassé de Rome. »
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Cum + subjonctif (valeur circonstancielle causale qui s’ajoute à la notion temporelle première)
La concordance des temps normale au subjonctif s’applique (voir la fiche Les subordonnées complétives. Généralités).
Cum unus e amicis Romam ueniat, negotia differo.
« Comme un de mes amis vient à Rome, je remets à plus tard mes affaires. »
Cum hostes pacem petiuissent, imperator legatos accepit.
« Comme les ennemis avaient demandé la paix, le général reçut des ambassadeurs. »
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Quod / quia + indicatif / subjonctif
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avec l’indicatif : cause présentée comme réelle, admise par le locuteur
Cicero apud Rhodium Molonem accessit quia rhetoricam discere uolebat.
« Cicéron se rendit chez Molon de Rhodes parce qu’il voulait apprendre la rhétorique. »
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avec le subjonctif (surtout quod, rarement quia) : cause présentée comme
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émise par autrui (subjonctif de discours indirect : le locuteur rapporte objectivement la pensée ou les déclarations d’un tiers, sans se prononcer sur sa validité)
Tibi odio est Marcus quod tibi consulatum petenti obfuerit.
« Tu éprouves de la haine pour Marcus parce que, dis-tu, il s’est opposé à toi quand tu briguais le consulat. »
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ou alléguée (marque de la subjectivité du locuteur qui intervient pour mettre en doute la validité de la cause)
Caesar quasdam Gallicas gentes adgressus est quod a sociis nostris rogatus esset.
« César attaqua certaines tribus gauloises sous prétexte que cela lui avait été demandé par nos alliés. »
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L’on peut trouver dans le même énoncé une opposition entre une cause alléguée qui est rejetée et une cause qui y est par substitution présentée comme réelle :
non quod + subjonctif… sed quod / quia + indicatif, « non pas (parce) que… mais parce que… »
Camillus Iuliam uxorem duxit non quod pulcherrima esset, sed quia pater eius ditissimus erat.
« Camille épousa Julia non parce qu’elle était / aurait été la plus belle, mais parce que son père était le plus riche. »
MAIS il est possible que seule soit mentionnée une cause alléguée que le locuteur repousse : non quod + subjonctif, « non que… »
L’on rencontre également, dans le même sens, non quo + subjonctif ; dans ce cas, soit la cause réelle prend la forme d’une subordonnée conjonctive à l’indicatif comme précédemment, soit elle peut prendre la forme d’une proposition indépendante commençant par sed.
Non quo iste scriptor mihi stultus uideatur, sed libri eius mihi non placent.
« Ce n’est pas que cet écrivain me paraisse stupide, mais je n’apprécie pas ses libres. »
Quand la cause alléguée est négative : non quod non… / non quin + subjonctif, sed + indicatif.
Non quin multum expertus sim, sed tragœdias facere non possum.
« Ce n’est pas que je n’aie abondamment essayé, mais je ne suis pas capable d’écrire des tragédies. »
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La subordonnée causale peut être annoncée ou reprise dans la principale par un adverbe corrélatif : eo, hoc, ideo, idcirco, propterea
+ quippe, praesertim (surtout joints à cum)
+ utpote (exclusivement joint à cum).
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Il existe une particule causale quippe qui est souvent associée à une conjonction de subordination pour rendre plus explicite encore la valeur circonstancielle causale, notamment dans les combinaisons quippe cum, quippe quoniam et quippe quando.
Elle peut également précéder un pronom relatif pour stipuler la coloration circonstancielle causale de la relative (laquelle peut être à l’indicatif ou au subjonctif) :
Discessere socii, pro tristi nuntio tristiorem domum referentes, quippe quibus per se sustinendum bellum erat quod uix Romanis fulti uiribus sustinuissent. (Tite Live, III, vi, 6)
« Les alliés se retirèrent en rapportant chez eux une nouvelle plus triste que cette triste nouvelle, eux qui, en effet, devaient soutenir par leurs propres forces une guerre qu’ils auraient eu peine à soutenir s’ils avaient eu l’appui des forces romaines. » (ou, autre traduction en transposant sous la forme d’une subordonnée circonstancielle : « … étant donné qu’ils devaient… »)
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De la même façon, la particule figée utpote se joint parfois à cum pour renforcer la dimension causale.
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Les subordonnées complétives des verbes de sentiment peuvent prendre la forme d’une proposition infinitive, mais aussi d’une conjonctive introduite par quod qui est formellement, à l’origine, une subordonnée circonstancielle causale.
NB. Même répartition entre indicatif et subjonctif que celle exposée supra.
Gaudemus quod tyrannus interfectus est.
« Nous nous réjouissons de ce que (litt. parce que) le tyran a été assassiné. »
Gaudetis quod filius mox ueniat.
« Vous vous réjouissez que / à la pensée que votre fils vienne (viendra) bientôt. »
II. Autres expressions de la cause ¶
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Lien logique de cause exprimé entre deux propositions de même niveau hiérarchique par le biais d’une conjonction de coordination :
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1re position : nam, namque, etenim
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2e position : enim
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Syntagmes prépositionnels
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ob + accusatif « en raison de » (neutre, mais aussi contextuellement « à cause de » ou « grâce à »)
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propter + accusatif « en raison de » (neutre, mais aussi contextuellement « à cause de » ou « grâce à »)
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e(x) + ablatif « suite à », « par suite de » d’où « du fait de », « en lien avec »
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pro + ablatif « en raison de », « en vertu de », « par l’effet de »
Un groupe prépositionnel peut annoncer (cataphore) ou rappeler (anaphore) une subordonnée circonstancielle causale : ob eam causam… quod… « pour cette raison que… ».
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Appositions, et notamment participes apposés
Miles uulneratus in castra translatus est.
« Le soldat, étant donné que / comme il avait été blessé, fut transporté dans le camp. »
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Ablatif absolu
Claue perdita, arcam aperire non potuit.
« Parce que / Puisque / Vu que / Attendu que / Comme il avait perdu la clé, il ne put ouvrir le coffre. »
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Relative au subjonctif
Hunc librum tibi do qui eum a me petiueris.
« Je te donne ce livre puisque tu me l’avais demandé. »
Ce n’est pas la valeur circonstancielle exprimée le plus fréquemment par le subjonctif dans une relative ; la notion causale est fréquemment explicitée par l’emploi d’une particule ut, utpote ou quippe devant le relatif.

